Meurtres par nécessité. Suite n°7
: Ajouté le 14/8/2007 à 07:52
elle fût soulagée.... suite n° 7.
Septième épisode
Le lendemain Cécile demanda à René s'il voulait bien appeler sa grand mère afin de l'informer de son état de santé, demander à Justin de bien vouloir l'amener, il le lui promit.
Les grands parents de Cécile vinrent le dimanche après midi suivant, ce fût un grand réconfort, Justin resta quelques instants, puis s'échappa, la compagnie de Léon et Augustine lui était plus agréable. La grand mère et René restèrent prés de Cécile toute l'après midi. Une idée vint subitement à Cécile, si elle passait sa convalescence chez sa grand mère. Cécile en fit part, René accepta et bien évidemment sa grand mère. Il fallait convaincre Justin et les autres. René proposa de descendre les affronter, sa grand-mère l'accompagna. Avec impatience Cécile attendait le résultat de leur intervention. Une bonne demi heure passa, elle entendit les bruits de pas dans l'escalier, ils entrèrent dans la chambre, Cécile, à leur mine défaite comprit, la demande était refusée. Ils lui racontèrent la discussion fût mouvementée mais rien à faire, surtout Justin qui prétexta, "une épouse doit rester avec son mari quoiqu'il en soit", Augustine de surenchérir, "que dirait le voisinage ?, non ce n'est pas possible, elle sera trés bien soignée au Paradis..." Cécile remercia René et sa grand mère d'avoir fait leur possible, pensa que cette idée n'aurait jamais dû traverser son esprit.
Le mèdecin la revit dans les six jours, il constata une nette amélioration, Cécile devait être prudente, se lever progressivement, reprendre ses occupations pas avant un mois au moins, lui même en déciderait. Cécile se rétablissait, ses joues reprenaient quelques couleurs, l'appetit revenait doucement.
L'après midi, elle se levait, s'asseyait sur une chaise dans la chambre. René fît tout ce qu'il pût pour que ce convalescence soit la plus agréable possible, il lui montait ses repas, lui apportait les livres qu'il possédait, elle se mit à lire, ce ne lui était pas arrivé depuis l'internat, elle écoutait quelques disques. Dès qu'il avait un instant de libre, René le passait à ses côtés. A chaque passage dans le couloir, Augustine s'arrêtait devant la porte, marmonait suffisamment fort, "elle ne va pas se pavaner toute sa vie dans cette chambre, elle nous coûte plus cher que ce qu'elle vaut" et ainsi tous les jours le même refrain. Cécile n'y prêtait plus attention, elle redoutait le jour où il faudrait redescendre et l'aborder.
Les visites de sa grand mère conduite par Line permirent à Cécile de passer une convalescence agréable malgré la présence quasi invisible d 'Augustine. Augustine, s'arrangeait pour surtout ne pas rencontrer Line, malheureusement elle dû partir en Angleterre afin de parfaire son Anglais.
Le début mars arriva, René fît descendre Cécile dans la cour, ils faisaient tous les jours une promenade jusqu'à la rivière. Le printemps s'annonçait, les bourgeons commençaient à souvrir, le soleil réchauffait son corps affaibli.
Les durs travaux de printemps se profilaient, de plus en plus d'activités à la ferme. Pour Cécile le temps du repos et d'une vie à peu près normale étaient bien finis.
Le premier avril s'annonça, non par une blague mais par la porte de la chambre qui s'ouvrit énergiquement, Augustine se planta devant le lit de Cécile et lui lança, " fini la belle vie, du travail vous attend, nous sommes vendredi, lundi matin vous reprenez vos occupations, volaille, jardin, je vous organiserai tout ça". Cécile en parla à René, malheureusement, il était redevenu le René d'avant sa maladie.
Le samedi, dimanche passa trop vite, le lundi Cécile reprenait ses travaux, ils lui semblaient encore plus durs.
Un matin, Cécile mettait du grain dans les sacs, elle vit arriver le médecin, il se dirigea directement vers elle, "c'est bien trop dur pour vous" lui dit-il, elle leva la tête, il comprit à son regard qu'elle ne pouvait faire autrement. Il s'éloigna, aborda Augustine, "vous devez laisser du repos à Cécile, elle ne tiendra pas cette cadence de travail, je vous mets en garde de ce qui pourrait arriver" il repartit. Augustine se dirigea vers Cécile "de quoi il s'occupe celui-là, continuez votre travail, celui qui me dictera ce que je dois faire n'est pas encore né" et ainsi continua son calvère. Cécile était dans un tel état de soumission comme les intouchables en Inde, elle était incapable de lever les yeux vers ses maîtres, cette crainte d'être rabrouée, humiliée. Le supplice continua jusqu'au jour où Augustine alla bien trop loin.
Auugustine et Cécile rentraient les moutons dans leur bergerie, lorsque Augustine passa à côté de Cécile, leva son bâton dont elle se servait pour les brebis, lui en asséna un violent coup dans le dos, Cécile poussa un cri de douleur, la chienne s'élança, sauta, de ses dents acérées s'accrocha au bras gauche d'Augustine, Augustine parvint avec diffilcultés à faire lâcher prise à la vaillante Mizou par un multitude de coups de bâton. La malheureuse bête vint se réfugier auprès de sa maîtresse en hurlant de douleurs, le regard de Cécile cloua Augustine et l'empêcha de s'acharner sur Mizou. Cécile continua comme si rien ne s'était passé, essaya d'atténuer les douleurs de son amie. Dans la tête de Cécile un ressort sembla se tendre, intérieurement elle fût transformée, une force naissante, une puissance venue du fond d'elle la submergea. Le même soir, Cécile entendit un coup de fusil, elle comprit, son amie Mizou venait d'être tuée. Le canon de fusil encore fumant, Léon entra dans la cuisine "c'est fait " dit-il à Augustine. Cécile ne sût jamais ou le corps de ce malheureux animal fût enterré. Le coeur gros après le repas du soir, Cécile monta dans la chambre et là, une idée diabolique germa dans son esprit, Augustine devait quitter définitivement le Paradis, Mizou sera vengée, elle s'en fit le serment.
Allongée sur le lit Cécile mit en place son plan. Il a fallu ce violent coup de bâton, afin d'éveiller la révolte qui couvait depuis si longtemps, mettre un terme à sa condition d'esclave, d'asservie. La mort de Mizou ne fît que la conforter dans son projet. Elle se sentait renaître, il lui semblait pouvoir soulever des montagnes, elle n'entendit même pas René entrer dans la pièce. Elle façonna ce plan, l'action commencerait le lendemain, celà pourrait durer plusieurs jours, plus même, il fallait agir avec calme, sans précipitation.
Elle s'endormit avec des rêves prémonitoires, prison, guillotine, le mort de Paris presque oublié revint. Le réveil sonna, le jour pointait à travers les volets, elle se leva plus déterminée que jamais, ouvrit grand les fenêtres, aspira profondément l'air pur de la campagne.
La journée commença comme d'habitude, préparation du petit déjeuner, soignait la volaille et tous les autres travaux quotidiens avec plus d'ardeur que d'ordinaire. Augustine fût étonnée du zèle au travail, Cécile la fixait avec insistance dans les yeux, Augustine sentait bien à son comportement, il se passait quelque chose, ce qui ne l'empâcha pas de la traiter aussi durement. Le jour suivant,avait lieu au bourg le marché, Léon et Augustine si rendaient toutes les semnaine. Après avoir soigné les animaux les seuls à lui témoigner de la reconnaissance, peut-être comprenaient ils sa souffrance. Cécile se rendit dans une des dépendances où étaient rangés divers produits, tels que les engrais, insecticides, pesticides, désherbants et autres. Dans une grande armoire, étaient entreposés les produits particulièrement dangereux pour les animaux et les hommes, ils servaient à faire du mélange pour certaines applications agricoles. La clé se trouvait sur l'armoire, Cécile l'ouvrit, trouva ce qu'elle cherchait, une boîte rectangulaire en fer blanc avec étiquette rouge signalant la dangerosité du produit, substance arsenicale, servant à la destruction de nuisibles, une poudre grisâtre, trés fine.
Elle connaissait l'existence de ces produits depuis deux ans qu'elle trimait au Paradis. Jamais elle n'avait eu l'intention d'utiliser ce poison mais le coup de bâton, le meurtre de son amie la chienne avaient déclenché une haine farouche.
La révolte des faibles peut-être terrible, sans borne, la vengeance extrême à leurs yeux et le seul moyen de défense.
Elle sortit d'une des poches de son bien trop grand tablier à carreaux noirs et blancs une enveloppe grise, versait une bonne dose de cette poudre après avoir lu la notice et la posologie pour les nuisibles, refermait soigneusement la boîte, la remit à sa place. Elle fermait et pliait précautionneusement l'enveloppe, tout ceci avec un calme incroyable.
............. suite au n°8
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