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Meurtres par nécessité. Suite n°916/8/2007
René monta de temps à autres dans la chambre de sa mère, elle se repose disait-il.... Neuvième épisode
A midi, le repas se prît dans le silence, Léon regardait méchamment Cécile, elle n'y porta pas attention, il était coutumier de ce regard. Le mèdecin revintt assez tard, resta un bon moment au chevet d'Augustine, à son départ, Cécile s'empressa d'interroger René, il lui répondit "le docteur est perplexe, vomissements, gestes désordonnés, il n'a pas donné son diagnostique". Cécile ne savait que penser, que faire ? elle évita d'aller dans la chambre de la malade, il fallait attendre, elle était en permanence sur le qui-vive. Le repas du soir, la vaisselle et autres travaux de cuisine occupèrent son esprit tourmenté. René s'occupait de sa mère comme il l'avait fait avec Cécile lors de sa maladie. Le soir, Cécile se coucha tôt et s 'endormit dans un rêve, Augustine d'un doigt accusateur lui criait "tu n'y arriveras pas, tu n'es qu'une meutrière, tu as déjà tué, tu finiras au bout d'une corde, tout ce que tu mérites, les gendarmes viennent te chercher, je les entends, ils montent les escaliers", en sursaut elle se réveilla en sueur, tremblante, elle entendit, on montait l'escalier, c'était Léon et René, ils se rendaient dans la chambre d'Augustine. La nuit s'acheva sur d'effrayants cauchemars, Cécile se leva, s'habilla aussi calmement qu'elle le pût, descendit à la cuisine, mit la table, lorsque René entra, " alors? "lui demanda-t-elle, "elle dort " lui répondit-il. Après leur café René et Léon allèrent à la leur travail. Cécile resta seule, débarrassa la table lorsqu'elle entendit un appel, elle s'avança dans le couloir, Augustine l'appelait et lui demandait de lui apporter un café au lait et une tartine de confiture, Cécile ne répondit pas, lui prépara un plateau. Elle sortit de sa poche deux petits sachets de poudre et machinalement les versa dans le bol. Tremblante, elle frappa à la porte de la chambre, entra, posa le plateau devant Augustine qui se redressa afin d'être plus confortablement installée. Cécile l'observa, elle avait les yeux vitreux, le teint blafard. La chambre était grande, meublée à l'ancienne, massive et haute armoire, lit relativement étroit, au dessus, un grand crucifix, une sainte vierge sur la table de nuit. D'une voix d'outre tombe "vous m'empoisonnez" dit-elle, Cécile devint écarlate, la terre sembla s'ouvrir sous ses pieds, elle voulu ouvrir la bouche mais pas un son ne sortit, puis, Augustine ajouta, "par votre présence, je n'aurai dû accepter ce mariage, ce n'est pas ce qu'il fallait à mon fils, c'est la faute de ce Léon, le magasin, les maisons de Justin, c'était bien pour René, il n'avait que ça dans la tête" puis elle ajouta, "Cécile, je vais vous dire, je vous déteste, vous représentez tout ce que je n'aime pas, mon fils est malheureux avec vous, même pas capable d'avoir un enfant, vous êtes bonne à rien, votre propre mère me l'avait dit". Elle buvait son bol avec difficultés, ne touchait pas à la tartine, Augustine fît signe de descendre le plateau, de la laisser se reposer,elle s'affala sur son oreiller. Pour Cécile, la tentation était forte après tout ce fiel de lui jeter le plateau à la figure mais elle ne voulait pas profiter de son déclin, n'était-elle pas vengée ?. Cécile lava immédiatement le bol, le plateau, rangea et monta dans sa chambre. Les paroles d'Augustine lui revenaient sans cesse, Cécile y trouva une raison supplémentaire de poursuivre sa tache, non, elle ne regrettait rien. Augustine et Léon ce n'était sûrement pas le bonheur, un mariage de convenance et d'intérêt, l'amour n'avait jamais existé entre eux. Avec René, ils avaient reproduit le même schéma tout comme les parents de Cécile. L'empoisonnement serait découvert, Cécile l'attendait prête à tout subir, bizarrement elle se sentait libérée. Dans l'après midi, René entra dans la cuisine, le visage décomposé, "ma mère ne va pas du tout" dit-il, les larmes lui coulaient sur les joues, Cécile eut de la peine mais il était trop tard, elle l'accompagna dans la chambre d'Augustine. Les yeux fermés, le teint livide, une respiration saccadée, elle allait mourir, Cécile en était sûre. Le docteur arriva, regarda René et son père "elle ne passera pas la nuit, je ne comprends pas, il semblerait que ce soit un empoisonnement, qu'a-t-elle mangé?" demanda-t-il, Léon lui répondit "voilà deux jours qu'elle mange trés peu", " Je téléphone à votre mèdecin pour qu'il vienne de suite, il connait la malade, il devait reprendre demain. " Le mot empoisonnement pétrifia Cécile, elle pensa immédiatement, son sort était réglé, elle ne résisterait pas longtemps aux questions des gendarmes. Son avenir était tracé, pour Cécile, il était normal qu'elle soit condamnée puisqu'elle était déjà par ceux qui l'avient mise au monde. Le mèdecin traitant arriva tard dans la soirée du vingt huit juin 1965, ausculta et diagnostiqua un problème cardiaque, elle mourût dans la nuit, le médecin revint le lendemain et donna l'autorisation d'inhuminer. ........ suite au n°10. Catégorie : Non spécifié Commentaires |
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