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Meurtres par nécessité. Suite n°10

16/8/2007

 

revint le lendemain et donna l'autorisation d'inhumer..... suite n° 10

                                                             Dixième épisode

     Cécile fût à la fois soulagée et inquiète, le mot "empoisonnement" avait été prononcé, le jeune médecin avait vu juste, comment se faisait-il, le médecin habituel d'une grande expérience se fût trompé. Cécile ne le comprit que bien plus tard, le médecin avait vu juste, il connaissait aussi sa vie lamentable , dans son âme et conscience, peut-être par pitié, il avait donné le permis d'inhumer, il ne pouvait prévoir le drame à venir. Il y n'eût pas de suite, l'enterrement eût lieu trois jours après le décès.

 

     Pendant ces trois jours, les voisins, les connaissances, la famille des RENAUDIE défilèrent  au chevet de la défunte, ces moments furent pour Cécile un calvaire, tous ces gens la regardaient haineusement comme s'ils se doutaient qu'elle l'avait tuée, le devinaient-ils ? en tout cas, Cécile en était persuadée. René semblait se remettre et paraissait ne pas trop souffrir de la disparition de sa mère, encore moins Léon tout sourire lorsque personne ne l'observait, chaque fois qu'il croisait Cécile, il la regardait d'un air complice. De nombreuses questions se bousculaient dans la pauvre tête de Cécile, Léon savait-il ? , le médecin avait-il câché la vérité, pour quelle raison ?, comment allait-elle  vivre la suite ?, quel serait le comportement de René, surtout celui de son père lorsque la vérité éclaterait ?. Cécile avait l'intuition  que son arrestation ne saurait tarder, dans son esprit tenaillé par l'incertitude, il ne pouvait  en être autrement. Il lui semblait cependant, lorsque Augustine serait au cimetière, elle serait libérée de toutes ces interrogations, de ces craintes.

     Cécile ne pouvait faire autrement, accompagner sa tortionnaire à sa dernière demeure. La messe sembla durer une éternité, la cérémonie de mise en terre fût pour elle à la fois un soulagement et une panique intérieure folle. Après le cimetière, tout le monde se dispersa, il n'y eu pas de repas pour les proches contrairement à la tradition dans les campagnes à cette époque, Cécile aperçu son grand père Justin, il ne daigna pas la saluer. René et Cécile rentrèrent au Paradis il était midi, elle prépara un repas rapide, s'étonna de ne pas voir Léon, il ne rentra que le soir tard.

 

     La vie au Paradis continua ainsi sans incident durant l'été. Cécile et René prenaient leurs repas face à face comme un vieux couple, discutant de banalités. Le nom d'Augustine était évité, pourtant un jour René avoua, "tu sais Cécile, c'était ma mère, je suis étonné d'être presque heureux de sa disparition, elle t-a tellement fait souffrir, moi si faible, je n'ai pas pris ta défense, je suis certain, si j'avais osé la défier nous aurions pû être heureux, Hélas trop tard, pardonnes moi Cécile". Cécile ne sût que répondre, elle bredouilla "bien sûr je te pardonne, tu es un faible comme moi".

     Léon s'absentait tous les jours, rentrant le soir tard, titubant. René  s'occupait de la ferme comme il le pouvait, travaillant du matin au soir avec les repas comme repos et les nuits de sollitude. Que pensait-il de Cécile ? de leurs relations sans amour, sans sexualité. Cécile avait compris depuis leur mariage, René était attiré par les hommes, il était bien trop timide pour fréquenter des lieux où il aurait pû assouvir sa passion, ses fantasmes.

     En 1965, l'homosexualité était taboue, surtout dans les campagnes. René aurait dû en parler à Cécile, lui en avait-elle donné l'occasion ? non, peut-être le cours de leur vie aurait-il changé.

     Le dimanche Cécile profitait de sa liberté pour rendre visite à sa grand mère, René la conduisait avec plaisir. Elle retrouva son Amie Line, ensemble elles passaient des moments agréables, Cécile trés gênée dans leurs discussions, ne pouvait avouer son crime, pourtant il le faudrait un jour, le poids de ce secret était bien trop lourd pour ses épaules si étroites. Il lui arrivait de cours instants d'envisager son avenir avec l'espoir d'une vie meilleure. Son Oncle, sa Tante lui rendaient visite, ils passaient des journées merveilleuses, le mort de Paris, le fantôme d'Augustine, poursuivait Cécile sans relâche,  gachaient ces instants de joie.

     Depuis son mariage, Cécile n'eût aucune nouvelle de ses parents, ils avaient cessé toute visite et correspondance avec la famille.  Mathilde n'eut aucune relation avec sa fille pendant toutes ces années, trop heureuse d'être débarrassée de ce fardeau.

     Ainsi Cécile passa l'été, plânait sur elle le spectre d'Augustine dans ses cauchemars toutes les nuits dans un sommeil agité, elle venait la harceler en compagnie du mort de Paris. Cette période de sa vie fût une épouvantable terreur, à la fois un éphémère bonheur.

     L'été se prolongeait, semblait prendre pied sur l'automne, les soirées étaient douces, la vie au Paradis s'écoulait sans heurt, le calme sans Augustine paraissait régner.

 

     Cette matinée de début octobre, le soleil levant brillait dans un ciel sans nuage. Cécile préparait le repas de midi, il était dix heures environ lorsque Léon entra dans la cuisine, la prit par le bras, la toisa et lui lança "tu as empoisonné Augustine, je le sais, moi même j'en avais eu l'intention, la peur du gendarme m'a fait reculer, tu l'as fait, maintenant je te tiens, j'avais toujours pensé qu'un jour, tu finirais par céder à mes avances". Cécile devint crâmoisie, le feu aux joues, ses jambes ne tenaient plus son corps, les yeux de porc de Léon la fixaient, résolu à obtenir ce qu'il désirait. Elle se souvînt de l'avance qu'il lui avait faite dans le jardin il y a deux ans puis il continua, " la boîte dont tu as pris le poison, tu ne l'as pas remise exactement à sa place, il manquait de la poudre, j'ai observé et j'ai compris, maintenant je te donne deux jours pour accepter d'être gentille avec moi. René est un incapable dans ces choses, tu verras, avec moi ça sera bon, si tu fais des histoires, que tu refuses, j'irai voir les gendarmes, d'ailleurs, tout le voisinage avait un doute sur la mort d'Augustine, il sera facile de le prouver, le juge s'en chargera, tu finiras tes jours guillotinée, ta tête dans le bac à sable, tu le mérites bien, réfléchis, à bientôt". Il quitta la cuisine, elle ne le revît plus de la journée.  Pour Cécile,malgré la vision effrayante de la guillotine, il n'était pas question de céder, sur le qui vive, elle passa deux jours dans d'atroces tourments. En parler à René, ce n'était pas la solution, il n'était en rien responsable de ses actes, Léon irait à la gendarmerie, elle pensa "jamais il ne mettra la main sur moi, non jamais, plutôt la mort, la prison à vie, je l'ai méritée, je dois payer mais pas à la manière de Léon". Lui vînt à l'esprit de tout avouer, d'aller à la gendarmerie, de se libérer, elle ne le  fît pas, peut-être lui en aurait-on tenu compte lors du jugement.

 

     Ce trente octobre 1965, une chaleur lourde, humide, imprégnait les gens, les objets, on sentait que l'orage ne tarderait pas à éclater. René dans les champs, son Père à la chasse, il était neuf heures, Cécile s'affairait à la cuisine, Léon surgit dans la pièce, il posa son fusil, regarda Cécile d'un air mauvais, "Tu as réfléchi" lui dit-il. D'un ton dur et résolu, elle répondit  " pas question, vous ne me toucherez pas, je préfère mourir, allez voir les gendarmes si vous voulez mais laissez moi, vous n'êtes qu'un vieux dégoûtant", il devînt furieux, il sentait l'alcool, tenta de s'approcher de Cécile, essayant de l'agripper..

...suite au n°11.

 

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