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Meurtres par nécessité. Suite n°11

  : Ajouté le 17/8/2007 à 14:42

Il sentait l'alcool, tenta de s'approcher de Cécile essayant de l'agripper.....suite n° 11

                                                                 Onzième épisode.

 

     Après plusieurs tours de la grande table de cuisine, Cécile sentit ses forces faiblir, passant devant la cheminée, dans un acte irréfléchi, prit le fusil qu'il avait laissé là, elle n'avait jamais touché une arme de sa vie, mit en joue, Léon  s'arrêta net. Elle ne se posa même pas la question si le fusil était chargé, "il n'y a pas de cartouche" lui dit-il, sur son visage devenu subitement blème, se lisait la peur, il fît un geste pour s'approcher, elle appuya sur la détente, le coup partit, Léon s'effondra, touché en plein coeur. Il mourut sur le coup. Cécile laissa tomber l'arme, sortit affolée, se mit à courir dans tous les sens ne sachant que faire, se laissa tomber sur le banc de pierres sur lequel elle aimait se reposer.

     Elle resta prostrée quelques minutes, anéantie par le drame, puis, elle décida de prévenir René. Elle courut aussi vite qu'elle le pût jusqu'au champs où il était en train de labourer, de son tracteur lorsqu'il la vit,il lui sourit, le bruit du moteur l'empéchant d'entendre les paroles saccadées de Cécile. Essoufflée, titubante, elle lui fit signe de venir, il coupa le moteur,descendit de son engin, vit la grande frayeur de Cécile, il demanda, "que se passe-t-il?", d'un ton à peine perceptible elle répondit, "j'ai tué ton père" il la regarda incrédule puis réalisa qu'elle disait vrai.

     L'orage éclatat d'une violence inouïe, ils eurent juste le temps de rentrer sur le lieu de la catastrophe,  les nuages semblèrent s'ouvrir, des trombes d'eau se déversèrent en cataracte, le grondement de l'orage était tel que la maison tremblait, les  éclairs zébraient le ciel noir d'encre, la nuit tomba subitement, la lumière s'éteignit. René réussi dans le noir par trouver une lampe à pétrole, l'alluma avec difficultés. Dans la pénombre, il se pencha sur le corps de son père ensanglanté, un large orifice dans la poitrine, la cartouche de chevrotine n'avait laissé aucune chance à Léon. Les ombres mouvantes occasionnées par la faible lueur de la flamme, donnaient à la pièce un air sinistre, lugubre. Cécile était dans l'incapacité d'expliquer la raison de son  acte, René comprit immédiatement de quoi il s'agissait, il connaissait la perversité de son père, "que devons nous faire", lui demanda-t-il? elle baissa les yeux et lui répondit "téléphoner aux gendarmes, il n'y a que celà à faire, tu n'y es pour rien". Elle fixa René , d'un ton presque calme elle confessa, " René c'est affreux ce que je vais te dire, tu m'en voudras c' est bien compréhensible, j'ai empoisonné ta mère, je n'en pouvais plus, elle était trop cruelle envers moi. Ton père avait deviné, il menaçait de me dénoncer si je ne cédais pas à ses avances, jai refusé. Ce matin il a tenté par la violence, le fusil se trouvait à ma portée, sans réfléchir j'ai tiré. Je  demande une chose, l'enfermement, la vie ne peut être plus affreuse à  celle  vécue jusqu'à ce jour. René la regarda dans les yeux, d'un ton de compassion il se lança, "je t'avoue n'avoir pû pleurer ma mère, encore moins mon père, je me culpabilise, je ne sais si j'aimais mes parents, mais eux, m'aimaient-ils ?, je suis un misérable. Si nous en sommes là tous les deux aujourd'hui, pauvres âmes, j'en suis responsable. Mon père c'est un accident, ma mère, personne ne sait, je t'en supplie Cécile, ne dis rien sur l'empoisonnement, je confirmerai à la police , tu n'as fait que de te défendre, tu seras acquittée". Cécile savait bien, elle ne pourrait résister aux questions des gendarmes, sa faiblesse caractérielle était revenue, les rumeurs  étaient  telles que tôt ou tard, le crime d'Augustine serait découvert "comment pourrais-tu vivre avec la meurtrière de ta mère, de ton père, aussi odieux soient ils, tu me le reprocherais et tu aurais raison" lui dit-elle, puis elle téléphona à la gendarmerie. L'orage s'était calmé, la pluie avait cessé, la lumière était revenue, René resta silencieux, assis sur une chaise jusqu'à l'arrivée des gendarmes.

 

    Ils arrivèrent à quatre,  commencèrent à prendre des mesures, prirent le fusil avec précaution, puis sur l'appel d'un des gendarmes, un médecin, une ambulance arrivèrent, mirent le mort dans une civière,  ainsi  Léon quitta le Paradis. Devant ces allers et venues, Cécile paraissait étrangère, détachée de ce qui l'entourait. Elle répondit timidement aux questions sur les circonstances de l'accident avec le plus d'exactitude possible. Un gendarme lui prit les mains, il s 'apprêtait à lui passer les menotes,  son  chef lui fît signe que ce n'était pas nécessaire. Ils la firent monter dans leur véhicule, René voulut s'interposer, les gendarmes avec fermeté l'éloignèrent de Cécile, il se mit à s'angloter, se frappant la tête au mur, à l'aide  d'un calmant  le médecin réussit à l'apaiser.

 

     L'orage avait disparu, l'air était devenu respirable,le soleil avait repris possession du ciel. Le véhicule de la gendarmerie quitta le Paradis, laissant René seul dans un état psychologique lamentable. Cécile fût saisie de culpabilité envers René, pour elle, c'était la délivrance, pour lui, c'était la déchéance. Elle ne s'attarda pas sur son sort, seul celui de René lui importait, elle savait, il ne résisterait pas à la solitude, il n'avait jamais eu la force de se battre, elle craignait le pire.

     A la gendarmerie, Cécile fût  enfermée dans une cellule, on lui servit un repas, elle ne le toucha pas. Sous un soleil automnal, le lendemain, Cécile fût transférée à la maison d'arrêt du chef lieu du département. Dans le fourgon qui la conduisait, Cécile tassée sur son siège, n'arrêta pas son regard sur la nature qui défilait à travers les ouvertures grillagées, sa pensée était dans un monde que personne ne pouvait comprendre. Elle ne vit pas non plus le véhicule qui suivait le fourgon à distance. Elle fût immédiatement conduite dans une cellule où elle allait rester jusqu'à la fin du jugement. René garé à quelques mètres de la maison d'arrêt, stationna toute la nuit, noyé dans son immense chagrin.

     Au lever du jour, timidement René sonna à la grande porte de la prison, elle s'ouvrit, le gardien lui fit comprendre que ce n'était pas l'heure des visites et il lui fallait une autorisation  du juge. Vouté, décontenancé, il s 'en retourna, prit sa voiture, se cloîtra au Paradis, sa prison à lui.

 

     La nouvelle se répandit comme une trainée de poudre dans la région, les langues se délièrent et la rumeur de l'empoisonnement d'Augustine prit de plus en plus d'ampleur. Les enquêteurs sous la pression de cette rumeur, convoquèrent les deux médecins. Le remplaçant jeune médecin, confirma, il avait eu des doutes mais son Collègue était le médecin de famille connaissait mieux la mourante, diagnostiqua différemment, il s'inclina au nom de l'expérience. Lorsque le médecin traitant fût interrogé, il m'intint sa version, Agustine avait une tension trés élevée et un taux de cholestérol trop important.

     Les langues ne s'arrêtèrent pas pour autant et le juge désigné pour instruire, demanda l'exhumation du corps. Ceci prit du temps, Cécile resta à la maison d'arrêt dans l'attente de la fin de l'instruction et du procés. L'autopsie du corps eut lieu, il confirma, l'empoisonnement était bien la cause du décès malgré les incertitudes des analyses de l'époque. Au premier interrogatoire du juge, elle avoua tout, sans aucune résistance, elle chercha même pas  à se justifier. La vie en cellule n'était pas insupportable dans son  cas, soulagée, presque heureuse. Sa grand mère venait régulièrement malgré les oppositions de Justin, Cécile voyait bien à chaque visite qu'elle dépérissait. Elle prenait le car, ensuite le train, plus de 3h. de trajet. Lorsque l'on appelait Cécile au parloir, elle voyait cette petite femme voûtée sous le poids du chagrin, dans son tablier gris à petites fleurs, ses cheveux blancs précocément. Malgré sa peine  Cécile essayait de lui montrer un visage serein et radieux. Les larmes de la malheureuse grand mère coulaient le long des sillons profonds creusés par tant de souffrance, elle avait soixante trois ans, elle en paraissait bien plus. Dans ses yeux de mémé, on pouvait apercevoir une joie immense de voir sa petite fille, elle savait, ce n'était pas une meutrière, elle n'avait fait que se défendre.

     Cécile eu le soutien de son amie Line, elle lui prit les mains dans les siennes, les serra trés fort, la réconforta par des paroles qui allèrent au coeur de Cécile, "tu sais , je suis ton amie, je serai toujours là, tu peux compter sur mon aide. Dans la mesure du possible et de mon travail, j'amènerai ta grand mère au parloir, il n'est pas question qu'elle continue à prendre le car!".       ........ suite au n° 12



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