Blog

Meurtres par nécessité. Suite n°14

7/11/2007

 

 

parent le plus proche héritier de son frère, dans le cas de la disparition de René.......suite                                             

                                            Quatorzième épisode

 

     Les deux frères ne se parlaient plus depuis des années, la raison, peut-être eux même ne la connaissait pas ou l'avait oubbliée depuis longtemps. A la mort de Léon son frère s'était rapproché de son neveu afin de lui proposer son aide. L'état de santé dans lequel se trouvait René, fit penser à ce frère que l'attente ne serait pas longue.

   Dans la raideur qui s'impose dûe à sa fonction,  le président du tribunal  demanda le silence et ouvrit la séance.

     Cécile sentait bien que le président voulait la mettre en difficultés, elle ne comprenait pas la plupart des questions, elle subissait simplement et répondait faiblement, le président s'énerva, lui cria "parlez plus fort, vous aviez plus de forces fût un temps". Affaissée sur sa chaise, elle se tassa davantage touchée par la rudesse du ton du président. Il  lui fût impossible de garder les larmes qu'elle avait retenues si longtemps. Elle couvrit de son mouchoir blanc son visage, elle sanglota silencieusement, craignant la fureur du président. On s'entit dans la salle un vent de compassion, il s'estompa aussi vite qu'il était apparu.

     Le défilé des témoins à charge, ils étaient nombreux, bien plus nombreux que ceux à décharge, débuta.

     Le premier témoin bouleversa Cécile, il y en eu bien d'autres aussi odieux les uns que les autres. Ce témoin, un homme jeune,  la trentaire environ, jurait, il avait vu Cécile dans une soirée dansante dans un village proche en compagnie d'un homme, il ne le connaissait pas mais à leur comportement, ils ne pouvaient être qu'amants. Cécile se leva comme un ressort de son siège et protesta énergiquement, personne ne l'écouta, son avocat lui fit signe de s'asseoir, le président lui intima d'une voix agacée de se taire. Comment pouvait-on laisser dire de tels mensonges ? , le pire était à venir. Un autre assurait, un jour ou il était venu voir Léon pour un service, devant lui, Cécile traitait Augustine de tous les noms possibles, il ne pouvait dire ici tellement ils étaient grossiers. Le président lui demanda d'énumérer ces noms, il n'osa pas, il rougit puis n'ouvrit plus la bouche. Un témoin témoigna sous serment, qu'il avait eu des rapports sexuels avec l'accusée et aux cours de leurs ébats Cécile lui avait confié que la propriété du Paradis lui reviendrait après la disparition rapide d'Augustine et de Léon, René n'était pas un problème. Elle avait besoin de son aide, bien sûr il l'avait refusée, à partir de ce jour leurs relations prirent fin. Lorsque l'avocat de Cécile  posa la question au témoin, où avaient eu lieu ces faits , il ne sût que répondre et bredouilla, il ne s'en souvenait plus. Même si ce témoignage était  pure vantardise,il ébranlait quelques membres du jury. Cécile ne pût en supporter davantage, elle s'écroula sur le sol, on la transporta dans une autre pièce. Le président interrompit l'audience jusqu'au lendemain matin.

 

     Cécile  se retrouva à l'infirmerie de la prison où elle reprit ses esprits. Elle demanda  à son  avocat de faire taire ces calomnies, il ne pouvait que prostester.  Ces personnes avaient juré sur l'honneur, lorsque l'avocat demandait des preuves de ce qu'ils avançaient, les témoins citaient des noms d'autres voisins, eux aussi, avaient vu de leurs propres yeux, c'était la pure vérité, d'ailleurs, ils confirmeraient si on le leur demandait.

    

     Le lendemain, le défilé des  témoins à charge, tous des hommes, continua avec des témoignages incroyables. Les yeux clos,  Cécile dans son boxe paraissait étrangère au déroulement de l'audience. Soudain le témoignage d'une femme, la seule, attira particulièrement son attention, Cécile l'avait vue une ou deux fois lors de ses rares sorties avec René au village. Elle se présenta, mademoiselle DURAND, elle habitait une ferme proche du Paradis, elle était célibataire, jura sur l'honneur de dire toute la vérité et commença, "Augustine était une femme autoritaire, méchante, un jour, je parlais à René, elle me prit à partie, m'insulta, leva même la main sur moi en m'interdisant de revoir son fils, alors loin de moi la pensée de le courtiser, si René est honnête il confirmera mes affirmations. Léon lui, me fît à plusieurs reprises des avances et tenta de me violer sans succés, je n'avais pas vingt et un ans à l'époque. Tout le voisinage fût au courant de ces faits, Augustine soudoya mes parents pour qu'ils ne portent pas plainte. Les paysans des environs détestaient Cécile, une étrangère au pays, une fille de la ville, une incapable,  disaient-ils. Je l'ai vue trimer dans les champs, des travaux bien trop durs. Combien de fois, j'en ai parlé à mes parents, ils m'interdisaient de m'occuper de ce qui se passait au Paradis, ça ne me regardait pas. Je jure, c'est la vérité, je regrette de ne pas avoir sû intervenir lorsqu'il était encore temps, je témoigne contre l'avis de mes parents, des appels téléphoniques anonymes m'ont menacée si je parlais". Le président l'interrogea sans conviction, la salle pleine à craquer  à majorité à charge hua le témoin. Cécile comprit, le président n'agirait pas en sa faveur, bien au contraire, son avocat saisit la circonstance favorable et demanda au tribunal de noter ce témoignage capital pour la défense. Ainsi continua le procés .

     Le jour suivant ce fût autour des témoins de la défense, il y en avait peu.

     Son oncle se présenta et intervint, il dévrivit son passé avec talent, les jurés eurent un léger intérêt. Le président peu intéressé, consultait des documents sur son pupître. Il interrogea le témoin et lui demanda comment il pouvait connaître les difficultés de  l'accusée puisqu'il habitait en Normandie, la  salle approuva le président.

     L'adjudant de Gendarmerie qui avait mené l'enquête prit la parole, il décrivit les faits, le meurtre de Léon avait été avoué rapidement par l'accusée. Après la mort d'Augustine, Léon fît courir le bruit qu'il était en danger, sa belle fille avait empoisonné sa femme et lui était le prochain. L'avocat de Cécile interrogea le Gendarme, lui demanda si Léon avait déposé une plainte pour assassinat de sa femme, l'enquêteur répondit " non, mais l'insistance de la rumeur était telle que le juge d'instruction fît exhumer le corps de Mme. Renaudie afin de l'autopsier, ce qui s'avéra judicieux puisque l'empoisonnement fût confirmé et que l'accusée avoua". L'avocat reprit, "la préméditation du meurtre de Mr.Renaudie vous ne pouvez en être sûr puisqu'il ne s'agit que de rumeurs, ma cliente affirme, c'était un accident, la position du corps, de l'arme le prouve, l'accusée ne faisait que se défendre", "c"est exact" répondit le Gendarme.

     René à la barre, droit, fixant du regard les jurés se présenta et commença, "notre mariage fût imposé par nos parents respectifs pour deux raisons, la première, les parents de Cécile voulaient l'éloigner d'eux, sa mère ni son père ne l'aimaient, la preuve pendant nos deux années de vie commune, ils ne sont pas venus une seule fois, jamais il n'ont demandé de ses nouvelles. La deuxième, mon père coureur de jupons, je confirme le témoignage de ma voisine Mademoiselle Durand, m'a toujours pris pour un idiot,  me traitait d'arriéré, bon à rien, avec qui pourra-t-on te marier me disait-il. Il connaissait le grand père de Cécile, ils manigancèrent notre union sans notre consentement. Mon père affirmait à ma mère que c'était une bonne affaire, elle en doutait, qu'allons nous faire d'une fille qui ne sait rien du travail de la terre, une incapable, fille de la ville, elle me donnera plus de travail qu'elle en fera, lui disait-elle. Elle se laissa convaincre et affirma qu'elle la mettrait au pas. Le mariage eu lieu, Cécile ne m'aimait pas mais me respectait, il en était de même pour moi. Je n'avais aucune attirance envers elle, nous décidâmes de vivre en bonne intelligence. Ma mère prit Cécile comme son esclave, son souffre douleur, elle la traita moins que rien, ne lui laissait pas un moment de répit. Après une longue maladie, Cécile eut besoin de repos, ma mère ne lui permit pas contrairement aux ordres du médecin, elle la tira du lit et l'obligea à faire de durs travaux. Hélas, moi je suis un faible, ma mère m'affrayait, je n'osais lever les yeux sur elle, aussi, je passais mes journées dans les champs faisant semblant de ne pas voir toute cette souffrance. Je suis responsable des actes de Cécile, si javais sû prendre mes responsabilités, nous nous serions révoltés devant tant d'injustices, à deux nous y serions arrivés, nous aurions pû partir et vivre ailleurs. Que pouvait faire Cécile seule?, si ce n'est ce qu'elle a fait, où pouvait-elle aller?, rejetée par ses propres parents, elle avait à peine dix huit ans lors de notre mariage". René regarda Cécile puis continua, " Cécile tu n'y es pour rien de ce qui est arrivé, c'est toi qui va payer, ce n'est pas juste, pardonne moi, je ne mérite pas de vivre". Il baissa la tête, éclata en sanglots, à ce moment, Cécile sût qu'ils auraient pû s'aimer.

     Un huissier fît entrer la grand mère de Cécile, l'accompagna jusqu'à la barre. Le président lui donna la parole, les yeux fixés sur sa petite fille, elle s'effondra, on l'étendit sur un brancard puis,  deux gendarmes la transportèrent hors de la salle d'audiences. Bouleversée, Cécile se cacha de ses mains, le procés continua, elle ne participait plus.

     L'avocat général plaida la prison à perpétuité, sa plaidoirie fût terrible, effrayante, l'image qu'il donna de Cécile fît frissonner l'assistance, ce tribunal jugeait un monstre. D'après lui, Cécile avait tout prévu de longue date même avant le mariage, elle avait réussi à détourner ce fils de famille, famille combien considérée dans la région. Il parla pendant plus de vingt minutes, argumentant  les témoignages du voisinage qui étaient défavorables à Cécile, de l'expertise psychiatrique, omit de parler de la seule jeune femme qui témoigna en sa faveur.

     La plaidoirie de l'avocat de Cécile  fût brillante, il parla presque une heure de sa naissance aux meurtres, il fît un protrait de Cécile tout à fait exact, parfois le bruissement de l'auditoire dans la salle démontrait qu'il était ému, les jurés eux, ne bronchèrent pas.

La cour et les jurés se retirèrent pour délibérer, pour Cécile le temps sembla interminable, enfin, après plus de 3h. le tribunal reprit sa place.   ......

 à suivre n° 15.

 

Catégorie : Non spécifié

Commentaires

Partenaires : Fonds d'écran gratuits | Francis Cabrel